Les femmes et le transport

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Dans un secteur perçu comme masculin, la proportion de femmes dans le secteur professionnel du transport et de la logistique reste faible. Cependant, on peut remarquer que de plus en plus de femmes s’imposent à la tête d’entreprises et apportent leur touche dans la façon de diriger.

Les succès et les défis auxquels elles sont confrontées

Le secteur du transport de marchandises connaît un problème d‘inégalité entre les sexes. Les femmes représentent moins d’un quart de la main d’œuvre mondiale dans ce secteur, et seulement 3% des conducteurs de camions. Mais au-delà de ce cliché, la réalité n’est pas uniforme, et de nombreux mouvements s’opèrent. Deux idées émergent : la diversité et l’égalité

Dans cet article, nous examinons le rôle que les femmes jouent dans le secteur du transport de marchandises, ainsi que les défis auxquels elles sont confrontées. 

Qu'est-ce qui ressort des différentes études sur le rôle des femmes dans le secteur du fret ?

L’industrie du fret est un secteur dominé par les hommes, avec moins de 20% de travailleuses. L’inégalité entre les sexes dans le secteur du fret est largement attribuée au fait que de nombreuses femmes ne sont pas intéressées par un travail dans ce secteur en raison des faibles salaires, des longues heures de travail et du travail physique.

En effet, les femmes dans le transport de marchandises ont de multiples obstacles à surmonter, malgré tout elles prouvent chaque jour qu’elles peuvent réussir autant que les hommes. L’essentiel est de s’assurer que le secteur les soutient. Celles qui parviennent à trouver des emplois apportent une nouvelle dimension au fonctionnement de ce secteur, et il y a une histoire à succès derrière chaque femme qui a choisi ce parcours professionnel.

Selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les femmes dans le secteur du transport et de la logistique, les femmes ont réussi à trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée malgré de longues heures de travail. En outre, elles ont également pu faire progresser leur entreprise et leur carrière grâce à la mise en place de poste plus flexible. L’impact est réel et on remarque que de plus en plus d’hommes demandent aussi à aménager leurs horaires et à prendre leurs congés pendant les vacances scolaires, ou encore leur congé paternité. Ce n’est donc plus et depuis longtemps une problématique exclusivement féminine. De plus, elles sont en mesure de gagner autant que les hommes à qualifications et expériences similaires.

Les stéréotypes de genre dans le secteur du transport de marchandises

La proportion des femmes dans l’univers du transport varie en fonction des secteurs activités. Par exemple, le transport dans le milieu médical attire plus de femmes (jusqu’à 40 % de la main-d’œuvre), ainsi que des passagers (qui représentent 30 %). De l’autre côté se trouve le transport de marchandises, où la part des emplois féminins est tombée à 10 %, voire 2 % (pour les métiers de la conduite).

Toutefois, certains exemples de réussite démontrent le potentiel de changement. En Suède, 85 % des conducteurs de camions sont des femmes ; certaines ont même fait grève en 2012 pour réclamer l’égalité de rémunération pour leur travail. Elles veulent également de meilleures conditions de travail et des possibilités de formation et de promotion.

En Australie, le nombre de conductrices de camions a triplé au cours des dix dernières années, une tendance similaire étant par ailleurs observée au Canada et en Nouvelle-Zélande.

Selon les professionnels de l’AFT, le faible pourcentage de femmes est plus dû à des stéréotypes de genre tenaces que de réelles difficultés dues à du travail physique plus adapté aux hommes. Il semble aujourd’hui plus qu’absurde, avec les moyens actuels, de penser que les difficultés physiques du travail puissent défavoriser les femmes.

Aujourd’hui, les principaux freins à une plus grande place des femmes dans le secteur viendraient davantage de la société que des entreprises.

Il s’agit donc de mener un travail de déconstruction des stéréotypes portant sur les métiers.

On peut aussi se poser la question des conditions d’intégration dans le collectif de travail de conducteurs, très majoritairement composés d’hommes.

Manque de modèles féminins dans le secteur

Les femmes sont traditionnellement sous-représentées dans le secteur du transport de marchandises. Le pourcentage de femmes dans ce secteur n’est que de 23% au niveau mondial, et seulement 3% des conducteurs de camions. Ces faibles taux de participation sont souvent attribués à un manque de modèles à suivre pour les jeunes femmes dans le secteur.

Des études montrent que les camionneuses qui travaillent aux côtés de collègues féminins connaissent une augmentation de leur satisfaction au travail, ainsi qu’une réduction de la peur et de l’intimidation de leurs homologues masculins. Cela est dû en grande partie au fait qu’elles sont plus visibles, la conséquence directe est une augmentation de la confiance dans leur environnement de travail.

En France, la représentation féminine au sein des salariés du secteur du transport a progressé (20%) mais reste fortement minoritaire et avec de grande disparité. D’après l’Observatoire de la Féminisation des Entreprises, les femmes occupent 130 000 postes.

La répartition des femmes dans le transport en France (source : AFT) : 

  • 40% pour le transport sanitaire
  • 28% pour le transport routier de voyageurs
  • 10 % pour le transport routier de marchandises

Face au déficit d’image du secteur auprès des candidates, de nombreuses entreprises de transport se positionnent clairement en faveur de la mixité et s’attachent à développer leur attractivité.

Des initiatives pour promouvoir la mixité

Un programme lancé en 2017 « Itinéraire égalité » avec le soutien du Fonds Social Européen. Objectif : renforcer l’égalité professionnelle au sein des entreprises du secteur et améliorer l’attractivité des emplois auprès des femmes.

L’OPCO Mobilités a créé en 2013 la formation T-Profession’Elles, dans l’objectif de professionnaliser et de faciliter l’insertion des femmes tout en leur ouvrant des perspectives d’évolution.

Des entreprises avec une politique volontariste en faveur d’une évolution positive se distingue dans cette démarche :  comme TBH ou le Groupe Berto

Enfin, les agences Pôle Emploi proposent des informations collectives ou des forums féminins pour faire découvrir les métiers du transport, renseignez-vous auprès de votre conseiller.

Pour aller plus loin :

Vidéo Témoignages T-Profession’Elles.
Témoignages de femmes et d’homme sur la page YouTube de l’OPCO Mobilité.

Un monde qui change

Il y a une pénurie de conductrices de camions qualifiées : il y a actuellement près de 500 000 postes de conducteurs de camions en Amérique du Nord et en Europe, mais moins de 10 % sont occupés par des femmes, une opportunité pour faire changer les chiffres et les mentalités.

L’essor de l’automatisation est un autre facteur qui peut contribuer à ce rééquilibre – elle permet un contrôle beaucoup plus grand des conditions de conduite et de la charge de travail, il est donc possible que plus de femmes choisissent de devenir des conductrices de camions professionnelles à l’avenir jusqu’à l’avènement des véhicules autonomes, mais nous n’y sommes pas encore !

Les femmes dans le transport de marchandises ont de nombreux obstacles à surmonter, mais elles ont prouvé qu'elles pouvaient réussir. L'essentiel est de s'assurer que le secteur les soutient
Les femmes sont aujourd'hui un vrai atout dans ce secteur, car on peut y remarquer une différence dans la façon de diriger, une façon différente de manager. On peut aussi dire qu’elles aident à désamorcer plus facilement les conflits, les tensions, qu'elles apportent plus d’attention et font les choses dans les temps. Ce qu’on peut en retenir, c’est que les mentalités changent, et que les dirigeants des entreprises de transport s’adaptent très bien à ces nouvelles tendances.

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